Physics Doesn't Care About the News Cycle | La physique se moque de l'actualité
This week is New York Climate Week. At a moment when climate has seemed to slip down the political and public agenda, one fact remains stubbornly unchanged: the atmosphere does not follow the news cycle.
Emissions continue to accumulate. The planet continues to warm according to the laws of physics. The urgency of decarbonization has not diminished simply because attention has shifted elsewhere.
For many who have spent years working on climate, this shift has come as a shock. But two things can be true at once. Climate change can remain one of the defining challenges of our time while other concerns legitimately become more immediate: affordability, homelessness, wars, economic volatility, sovereignty and security, and the uncertainty surrounding rapid technological change.
I leave Climate Week with some unsettling observations about how climate has seemed to fall down the collective list of global policy priorities. But I also leave with a more positive - and nuanced - perspective: the energy transition that so many have sought, for so long, is well underway.
Technological transitions rarely move in straight lines. Once technologies become economically competitive, adoption can accelerate remarkably quickly. We see it in the extraordinary deployment of renewable power, in the continued growth of electric vehicles, and in markets where gasoline demand is beginning to reflect the inevitable arithmetic of electrifying transportation.
These are not marginal developments. Solar, batteries and electric vehicles - technologies that were expensive or immature two decades ago - are increasingly competing on economics, not simply environmental virtue. Together, they address a meaningful share of the emissions challenge.
And perhaps something else is happening. For years, climate was advanced relentlessly to the front of the conversation. That pressure was understandable given the urgency and potential irreversibility of the problem. But Newton’s Third Law of Motion may be relevant here: For every action, there is an equal and opposite reaction. Continuous pressure, polarization and prescriptions about how people should live their lives can generate resistance of its own.
Cooling of the political climate debate may therefore contain an unexpected benefit: less polarization, less resistance and more room for economically rational technologies to spread because they are self-evident and they work.
That is not an argument for complacency. We can’t know how long climate will remain behind affordability, security, sovereignty, wars or technological disruption. Politics moves in cycles. Laws of physics do not.
While attention may be elsewhere, greenhouse gases continue to accumulate, and the consequences continue to build. In the wake of a seemingly inexorable climb, climate policy will inevitably move up our collective agenda. When it does, however, it may return with a different face.
Urgency will still be there, but so will more solutions.
That may be my most encouraging observation from Climate Week. Behind the headlines and away from political battles are thousands of entrepreneurs, scientists, investors and corporations quietly continuing their work for effective and durable ways to reduce and eliminate emissions. Technologies are improving. Costs are falling. Infrastructure is being built. Solutions that once seemed theoretical are becoming commercial.
Climate may be taking a back seat in the contemporary political agenda. Physics is not, and neither is the energy transition.
La Semaine du climat de New York bat son plein. À un moment où les enjeux climatiques semblent avoir reculé dans les priorités politiques et publiques, un fait demeure obstinément inchangé : l’atmosphère, elle, ne suit pas le cycle de l’actualité.
Les émissions continuent de s’accumuler. La planète continue de se réchauffer selon les lois de la physique. L’urgence de la décarbonation ne s’est pas atténuée simplement parce que l’attention s’est déplacée ailleurs.
Pour beaucoup de ceux qui consacrent leurs efforts aux questions climatiques depuis des années, ce changement est déstabilisant. Mais deux réalités peuvent coexister. Les changements climatiques peuvent demeurer l’un des défis déterminants de notre époque, tout en cédant légitimement la place, à court terme, à d’autres préoccupations plus immédiates : le coût de la vie, l’itinérance, les guerres, la volatilité économique, la souveraineté et la sécurité, ainsi que l’incertitude entourant les bouleversements technologiques rapides.
Je quitte la Semaine du climat avec des constats troublants sur la façon dont les enjeux climatiques semblent avoir perdu du terrain dans l’ordre des priorités à l’échelle mondiale. Mais j’en ressors également avec une perspective plus positive, et plus nuancée : la transition énergétique que tant de personnes cherchent à faire avancer depuis si longtemps est déjà bien engagée.
Les transitions technologiques progressent rarement de façon linéaire. Lorsqu’une technologie devient économiquement concurrentielle, son adoption peut s’accélérer de manière remarquable. On le constate dans le déploiement spectaculaire des énergies renouvelables, dans la croissance continue des véhicules électriques et dans certains marchés où la demande d’essence commence à refléter l’arithmétique inévitable de l’électrification des transports.
Il ne s’agit pas d’évolutions marginales. L’énergie solaire, les batteries et les véhicules électriques, des technologies qui étaient coûteuses ou encore immatures il y a vingt ans, rivalisent aujourd’hui de plus en plus sur le plan économique, et non plus que sur le plan environnemental. Ensemble, elles permettent de répondre à une part significative du défi des émissions.
Et peut-être qu’un autre phénomène est à l’œuvre. Pendant des années, les enjeux climatiques ont été constamment ramenés au premier plan du débat public. Cette pression était compréhensible compte tenu de l’urgence du problème et de son caractère potentiellement irréversible. Mais la troisième loi de Newton pourrait être pertinente ici : à toute action correspond une réaction égale et opposée. Une pression constante, la polarisation et les ordonnances sur la manière dont les gens devraient vivre peuvent engendrer leur propre forme de résistance.
Le refroidissement du débat politique sur le climat pourrait donc comporter un avantage inattendu : moins de polarisation, moins de résistance et davantage d’espace pour que des technologies économiquement rationnelles se diffusent naturellement parce que leur pertinence est évidente et qu’elles produisent des résultats concrets.
Ce n’est pas un plaidoyer pour la complaisance. Personne ne sait combien de temps les enjeux climatiques demeureront derrière le coût de la vie, la sécurité, la souveraineté, les conflits ou les perturbations technologiques dans l’ordre des priorités. La politique évolue par cycles. Les lois de la physique, elles, n’en suivent aucun.
Même lorsque l’attention est portée ailleurs, les gaz à effet de serre continuent de s’accumuler et leurs conséquences continuent de s’aggraver. Après ce qui semble être une progression inexorable, la politique climatique remontera inévitablement dans nos priorités collectives. Mais lorsqu’elle le fera, elle pourrait revenir sous un jour différent.
L’urgence sera toujours présente, mais les solutions seront plus nombreuses elles aussi.
C’est peut-être l’observation la plus encourageante que je retiens de la Semaine du climat. Derrière les manchettes et loin des affrontements politiques, des milliers d’entrepreneurs, de scientifiques, d’investisseurs et d’entreprises poursuivent discrètement leurs efforts pour trouver des moyens efficaces et durables de réduire, puis d’éliminer, les émissions. Les technologies s’améliorent. Les coûts diminuent. Les infrastructures se construisent. Des solutions qui semblaient autrefois théoriques deviennent aujourd’hui des réalités commerciales.
Le climat occupe peut-être momentanément un rôle moins central dans les priorités politiques de notre époque. La physique, elle, n’a pas pris de recul. Et la transition énergétique non plus.